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Occupation de lieux culturels : comme une traînée de poudre !

Aujourd’hui plus d’une cinquantaine de lieux culturels sont occupés dans toute la France dont La Criée et Le Merlan à Marseille. Ce nombre augmente sans arrêt depuis l’occupation du théâtre de l’Odéon à Paris qui a commencé le 4 mars 2021. De nombreuses assemblées générales ont lieu chaque jour dans ces lieux.

Le gouvernement vient de faire des annonces (notamment une rallonge budgétaire du plan de relance et l’accès aux congés maladie et maternité pour les intermittent·es) et rien n’est dit clairement ni sur la prolongation de l’année blanche ni sur un horizon et sur les conditions de réouverture des lieux. Quant à abandonner la réforme de l’assurance chômage (qui doit entrer en vigueur au 1er juillet prochain), il n’en est toujours pas question.

Il s’agit donc bien de venir d’une main poser quelques rustines tandis que de l’autre on détruit le navire. Pour rappel, l’une des mesures les plus dévastatrices de la réforme chômage est l’augmentation de la durée de travail nécessaire pour ouvrir des droits. Il faudra avoir travaillé 6 mois au lieu de 4 actuellement.

Nous continuons à exiger :

  • Une autre politique publique de la culture qui réponde véritablement aux préoccupations des premier·e·s concerné·e·s, travailleurs·euses artistes, technicien·ne·s et leurs équipes.
  • Un vrai plan de relance pour financer toutes les formes de travail (créations, répétitions…) toutes disciplines confondues (spectacle vivant, audiovisuel, arts plastiques…) en concertation avec les salarié·e·s de la culture.
  • Des dispositifs d’aide à la diffusion sur tout le territoire national avec des moyens financiers et logistiques conséquents.
  • Un devoir de solidarité des entreprises du secteur, excédentaires en raison de la non-activité : reversement des excédents sous la forme d’un fond national de solidarité.
  • La prolongation d’une année blanche et son élargissement aux nouveaux et nouvelles entrant·e·s à compter de la réouverture de l’ensemble des lieux culturels.
  • L’indemnisation de tou·te·s les chômeurs·chômeuses sur la base d’un Smic minimum ou du dernier salaire avec maintien des droits sociaux (maladie, retraite, maternité, prévoyance, formation).
  • L’arrêt des exonérations et des suppressions de cotisations sociales. Ce sont des dizaines de milliards qui partent en fumée et qui affaiblissent toujours plus notre système d’assurance chômage ainsi que toutes les branches de la Sécu.
  • L’abandon des reformes chômage et retraites.

Nous soutenons les occupations des lieux culturels en cours, et appelons, avec celles et ceux qui les occupent, à amplifier la mobilisation, qu’elle se répande comme une traînée de poudre.

Sud Culture 13 Solidaires
Marseille, 18 mars 2021

Carte des lieux occupés

Sur le site de Sud Culture Solidaires
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La main de l’exécutif a encore frappé, fort !

La casse du service public opérée depuis bien des années nous amène aujourd’hui à un nouveau confinement

Depuis le 17 mars 2020 le secteur culturel est à l’arrêt. Après l’interdiction d’ouverture des lieux de spectacles, de la tenue des festivals, de toute manifestation culturelle, une reprise timide s’est mise en place en septembre pour finalement être fortement malmenée par le couvre-feu et complètement anéantie par la reprise du confinement fin octobre.

Les structures culturelles (cinémas, théâtres, musées, bibliothèques, librairies…) ne peuvent plus recevoir de public, les activités périscolaires culturelles sont interdites, parce que ces activités ne seraient pas « essentielles ».

Le coup porté au secteur culturel est terrible

La qualification d’activités essentielles serait réduite par le gouvernement comme étant des activités générant du profit et participant à la bonne marche d’un système capitaliste, nous forçant à débattre sur la légitimité d’une activité en temps de crise. Alors que le débat n’est pas là.

D’abord parce qu’il entraîne une précarisation encore plus grande des salarié·e·s du secteur.

Le chômage partiel, même s’il était appliqué ne ferait que diminuer encore les futures allocations chômage des intermittent·e·s du spectacle qui auront pu renouveler leurs droits. Pour la plupart l’année blanche ne fera que repousser le problème puisqu’au 31 août 2021 la plupart des artistes et technicien·ne·s n’auront pas pu travailler et ne renouvelleront pas leur droit à l’allocation. Pour les nouveaux entrants dans le régime qui ne bénéficient pas de l’allocation chômage, ils·elles n’ont rien. Pas de travail, pas de ressources, pas d’aide.

Ensuite, parce que la culture est essentielle. Elle ne peut se limiter au « Click & Collect », à l’achat de livres sur Amazon, au visionnage en ligne d’un opéra, d’une visite virtuelle dans un musée. La culture est un besoin, un droit et doit être accessible à tous. Au même titre que le besoin vital de s’alimenter nous avons besoin de voir, de lire, d’entendre, de dire.

Aujourd’hui, le gouvernement,  continuant une politique libérale qui a mis le système de santé en péril aggrave les inégalités, nous infantilise, nous culpabilise, et nous prive de l’accès à nos droits fondamentaux.

Alors, évidemment l’année blanche ne suffira pas, les aides ponctuelles aux librairies ne suffiront pas, les crédits accordés aux structures culturelles ne suffiront pas.

Dans ce contexte de crise aggravée par l’incurie assumée des politiques publiques de santé, des garanties sociales doivent être assurées par l’État.

SUD CULTURE DEMANDE :

  • une concertation avec les travailleuses et travailleurs du secteur culturel
  • La prolongation des droits à l’assurance chômage pour un an  après la reprise normale de l’activité, puisque la date butoir du 31 août 2021 devient caduque au vu de la situation actuelle
  • aucune perte de salaire en cas de recours à l’activité partielle
  • un revenu garanti pour tous les précaires qui permette de vivre dignement
  • le retrait définitif de la réforme de l’assurance chômage
  • l’interdiction des licenciements pour les entreprises touchant des aides de l’État
  • une redéfinition des politiques culturelles pour mettre fin à la marchandisation de la culture

Sud Culture 13 Solidaires
Marseille, 12 novembre 2020

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