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Solidarité avec les salarié·e·s d’Arteum

Dimanche 16 janvier des diffusions de tracts ont eu lieu à Paris et Marseille devant plusieurs librairies-boutiques gérées par Arteum. Ci-dessous le texte distribué devant l’entrée du Mucem.

Le nom d’Arteum ne vous évoque peut-être rien. Pour autant les deux librairies-boutiques du Mucem sont gérées par Arteum depuis le printemps 2021.

Arteum est une petite société qui grossit… grossit et qui s’est spécialisée depuis quelques années dans les boutiques de musées. Elle comptait une trentaine de salarié·e·s en 2012 et entre 150 et 200 aujourd’hui pour une vingtaine de lieux essentiellement à Paris (Musée du quai Branly, Musée Carnavalet, Musée des Arts décoratifs, Cité des sciences et de l’industrie, etc.) mais également au musée Matisse à Nice et depuis peu au musée des Confluences de Lyon.

Paris : clap de fin des librairies des cinémas MK2

À Paris, outre des musées, Arteum avait repris la gestion depuis 2019 des libraires-boutiques des cinémas MK2 Quai de Loire et BNF. Après avoir sabordé l’activité librairie (le Covid n’ayant fait qu’aggraver la situation), Arteum a annoncé en octobre à la dizaine de salarié·e·s concernées que leur lieu de travail fermerait le 31 décembre 2021.

La direction refusant les licenciements économiques et les ruptures conventionnelles, les personnes concernées sont sommées d’accepter les propositions qui leurs sont faites même si elles subissent une déqualification de leur métier, que les propositions et les lieux proposés ne correspondent pas aux profils des librairies généralistes et/ou DVDaire avec le risque de mise au placard que cela représente (les boutiques proposées n’ont pas besoin de personnel supplémentaire contrairement à d’autres… qui ne font pas partie de la liste !) et tout cela au mépris de leurs compétences et expériences professionnelles.

Face à cela les salarié·e·s ont mis une pétition en ligne signée par plus de 8000 personnes et organisé plusieurs rassemblements et journées de grève soutenus par les syndicats CGT-Commerce et Sud Culture. Pourtant, la direction d’Arteum persiste et refuse de prendre en compte leurs inquiétudes et revendications.

Marseille : des craintes confirmées

Ayant connaissance du décalage entre la com’ d’Arteum et la réalité vécue par les personnes qui y travaillent au quotidien nous avions un certain nombre d’inquiétudes en apprenant le transfert de la librairie du Mucem des mains d’Actes Sud à celles d’Arteum. Nous avions d’ailleurs alerté les membres du conseil d’administration du Mucem en février 2021 au moyen d’une lettre ouverte.

Après huit mois de fonctionnement de la nouvelle libraire-boutique la crainte qu’il se passe au Mucem ce qui s’est passé dans les librairies parisiennes reprises par Arteum, se confirme : absence d’outil informatique adéquat pour le travail en librairie, perte de sens et d’autonomie pour les libraires, sous-effectif récurrent, etc.

Le seul objectif d’Arteum est de faire du pognon en vendant les produits dérivés qu’elle fait fabriquer, en rognant sur les salaires et en rechignant à payer les fournisseurs. Comme le livre est un produit peu rentable, Arteum les vire de ses rayons pour accueillir d’autres produits plus lucratifs en ignorant d’ailleurs la bonne santé économique actuelle des librairies !

On peut se demander si les fermetures à répétition de comptes chez des fournisseurs ou si les manques réguliers de certains ouvrages (comme Salammbô pendant l’exposition au Mucem où les nouveautés de la rentrée littéraire) ne sont pas voulus, histoire d’habituer le public à trouver de moins en moins de livres. Peut-on être rassuré·e quand Arteum inscrit parmi ses engagements « la transmission de valeurs culturelles grâce aux livres et à des produits porteurs de sens » ?…

À Paris comme à Marseille les salarié·e·s sont considéré·e·s comme des pions dont on peut modifier les emplois du temps à volonté à et à qui on peut envoyer des consignes de travail qui changent au gré du vent. La direction utilise volontiers le mépris ou la menace quand ses équipes posent des questions ou demandent simplement à pouvoir travailler dans des conditions correctes.

  • Les salarié·e·s ne sont pas des denrées interchangeables !
  • Le droit du travail doit être appliqué partout…
MK2 Quai de Loire, janvier 2022
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Solidarité avec les salarié·e·s en grève des librairies MK2-Arteum

Nous relayons le nouvel appel à la grève des grévistes de la librairie MK2 Quai de Loire (Paris). Ils/elles appellent à se rassembler les vendredi 7 et samedi 8 janvier 2001 devant la librairie.

« Fait-il bon travailler chez Arteum ? »

Tract de Sud Culture 13 du 17 décembre 2021

Grève des salarié.e.s de la librairie MK2 Quai de Loire à partir du 5 janvier 2022.

Tout d’abord, un grand merci à vous toutes et tous d’avoir été si nombreux.ses à nous soutenir en signant cette pétition. C’est avec beaucoup d’émotion que nous remercions toutes les personnes qui sont venues échanger avec nous sur place, pour vos mots et le réconfort que vous nous apportez.

Nous sommes le 5 janvier et depuis le 31 décembre, les librairies MK2 Quai de Loire et MK2 Bibliothèque sont fermées au public. L’avenir de ces deux endroits n’est toujours pas assuré malgré les effets d’annonce de Monsieur Nathanaël Karmitz dans les médias. Néanmoins, cette pétition aura permis de montrer votre attachement à ce lieu et de manifester votre mécontentement suite à cette fermeture. Nous espérons de tout cœur que Monsieur Nathanaël Karmitz (DG groupe MK2) et Monsieur François Dagnaud (Maire du 19e arrondissement), vous auront entendu et tiendront compte de vos demandes. Malheureusement, si ces endroits devaient rester des librairies, les salariés pour certains anciens MK2 et dorénavant Arteum, ne seront pas repris et aucune proposition ne leur a été faite pour continuer à taire partie de ce lieu.

Le combat n’est pas pour autant fini ! Nos craintes se sont malheureusement réalisées et Arteum nous impose de travailler dans leurs boutiques de musées en nous confirmant que nous ne serions plus libraires ni DVDaires. En cas de refus, une procédure de licenciement pour faute sera enclenchée. Aucune négociation n’a été engagée par notre direction malgré nos demandes répétées.

Dans ce contexte, nous ne céderons pas et demandons de pouvoir continuer à exercer nos métiers ailleurs, dans la dignité. Nous ne sommes pas responsables de ces fermetures et demandons à être traités avec respect. Si Monsieur Karmitz a pu s’exprimer dans la presse en expliquant que les propositions qui nous ont été faites « n’étaient pas si éloignées de nos métiers », cela démontre une réelle méconnaissance des métiers de la culture. Vendre des objets et vendre des livres ou des DVD, nous le répétons, ne relève pas du même domaine de compétences.

Les salariés MK2 Quai de Loire et Bibliothèque seront en grève à partir du 5 janvier 2022 et seront réunis les vendredi et samedi 7 et 8 janvier de 14h à 19h devant la librairie MK2 Quai de Loire pour protester contre les méthodes d’Arteum et demander une issue à ce conflit qui permettrait de sécuriser la situation des salariés et d’assurer leur avenir en dehors de l’entreprise. À cette occasion, nous vous invitons à nous témoigner votre soutien et serons heureux de vous remercier une dernière fois pour tout ce que vous nous avez apporté.

Les salarié.e.s grévistes, 5/01/2022
Contact mail & Pétition en ligne

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Fait-il bon travailler chez Arteum ?

Un point sur la situation des salarié·e·s d’Arteum à Marseille et Paris alors que les libraires d’Arteum-MK2 Arteum Quai de Loire sont en grève à partir du 18 décembre 2021.

Les diverses inquiétudes que le syndicat Sud Culture a exprimé au printemps 2021 concernant le transfert de la librairie du Mucem d’Actes Sud à Arteum n’ont pas disparu, loin s’en faut.
Après six mois de fonctionnement de la nouvelle libraire-boutique du Mucem la crainte qu’il se passe au Mucem ce qui s’est passé dans les librairies parisiennes reprises par Arteum, soit : sabordage de l’activité librairie, perte de sens et d’autonomie pour les libraires, management délétère, etc., est confirmée.

La menace de sanction comme (seule) technique de gestion

À Paris comme à Marseille les salarié·e·s sont considéré·e·s comme des pions dont on peut modifier les emplois du temps à volonté et à qui on peut rajouter des tâches (comme faire de la présence sur les réseaux sociaux y compris pour faire de la pub pour la figure Playmobil de Napoléon 1er) sans leur demander leur avis.
Ces mêmes salarié·e·s sont méprisé·e·s dès qu’ils/elles posent des questions ou demandent simplement à avoir des outils en adéquation avec leur métier et à disposer d’un choix de produits qui soit pertinent par rapport à leur lieu de travail. La direction leur répond que c’est bien pire ailleurs et que la situation financière d’Arteum n’est pas bonne. Pour autant, si les commandes de livres sont bloquées ou très restreintes, les produits dérivés, eux, continuent d’affluer…
La direction peut aussi sortir des arguments ­mensongers concernant certaines demandes. Par exemple ça serait à cause de la loi Lang sur le prix unique du livre que les salarié·e·s ne pourraient pas avoir 20 à 30 % de remise sur les livres qu’ils/elles achètent. Étonnamment ça se fait partout ailleurs et c’est autorisé.

Tout est prétexte à menace de sanction : objectif non atteint, absence non prévue, dépassement de budget d’achat, prise de parole, etc.
Arteum qui ne se préoccupe guère de la santé psychologique ou physique de ses équipes, a par contre établi son propre calendrier vaccinal obligatoire même si celui-ci ne respecte pas les préconisations de la Haute autorité de santé.

Arteum fossoyeur de la librairie

C’est dans ce contexte difficile où la pression est mise sur les salarié·e·s pour qu’il y ait moins de livres mais de plus en plus de produits dérivés et de gadgets, source de davantage de bénéfice pour la direction d’Arteum, que les dix salarié·e·s des boutiques et librairies MK2 Quai de la Loire et BNF à Paris ont appris la fermeture définitive de leur lieu de travail au 31 décembre 2021.

À part leur dire que tout le monde sera « recasé » au sein d’Arteum les personnes concernées n’ont guère d’informations et sont sommées d’accepter les propositions qui leurs sont faites même si elles subissent une déqualification de leur métier, que les propositions et lieux proposés ne correspondent pas aux profils des librairies généralistes et/ou DVDaire avec le risque de mise au placard que cela représente et tout cela au mépris de leurs compétences et expériences professionnelles. Les salarié·e·s ne sont pas des denrées interchangeables !
C’est le même genre de discours que la direction d’Actes sud avait délivré aux salarié·e·s de la librairie du Mucem lors de leur transfert vers Arteum : « Vous verrez, c’est une opportunité, une très bonne solution ».

Autant Arteum incite très fortement le personnel à investir les réseaux sociaux pour promouvoir les produits vendus par Arteum, autant aucune information publique n’est parue concernant la fermeture de ces deux lieux alors que c’est dans 15 jours ! Les client·e·s et habitué·e·s ne sont pourtant pas dupes.

Les salarié·e·s d’Arteum (et d’ailleurs…) doivent pouvoir travailler dans des conditions correctes, être respecté·e·s et non pas méprisé·e·s, avoir des salaires décents, etc. Le droit du travail et les conventions collectives doivent être appliquées.

Sud Culture appuiera les futures créations de sections syndicales au sein d’Arteum. Même si nous ne nous leurrons pas sur les possibilités données aux représentant·e·s des salarié·e·s de remplir leur mission, il y a un enjeu important à ce que le CSE d’Arteum dispose d’un collège employé et pas seulement d’un collège cadre composé essentiellement des directeurs et directrices de boutiques dont les intérêts sont évidemment très éloignés des petites mains qui travaillent­ au quotidien : libraires, vendeurs, vendeuses, réceptionnaires, etc.

Solidarité avec les salarié·e·s de Arteum-MK2 en grève le samedi 18 décembre 2021

Pétition « Non aux fermetures des librairies MK2 Quai de Loire & MK2 Bibliothèque ! »

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Note d’information sur le passe sanitaire

Informations et précisions relatives à l’obligation réglementaire de présentation  du passe sanitaire dans les lieux culturels pour les salarié·e·s de ce secteur

Dès le 13 juillet, suite à l’annonce d’Emmanuel Macron, certains directeurs de structures culturelles ont pu communiquer à tous leurs salariés la nécessité de présenter un passe sanitaire dès le 30 août pour pouvoir travailler dans ces structures (et pour certains inciter fortement à la vaccination), en application de la loi qui serait votée par suite au Parlement. Aussi, avant même le vote et l’adoption de la loi, le ministère de la culture envoyait une circulaire à l’intention des directeurs de structure afin de préciser que la dite obligation s’appliquerait à l’ensemble des salariés des lieux visés. Cette précision n’était cependant que « conditionnelle » puisque le décret d’application de la loi n’était pas encore élaboré en Conseil des Ministres, ni la loi encore adoptée.

Vu la loi n°2021-1040 du 5aout 2021 ;
Vu le décret n° 2021-1059 du 7 août 2021modifiant le décret n° 2021-699 du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire ; Vu l’article 1132-1 du Code du travail ;
Vu l’article 225-1 du Code pénal ;
Vu l’article 14 de la Convention européenne des Droits de l’homme (principe de non discrimination) ;

Au préalable, il convient de préciser que la loi du 5 aout ainsi que son décret d’application prévoit 3 documents caractérisant un « passe sanitaire ». Ainsi, la vaccination n’est que l’un des 3 moyens d’obtenir le sésame et relève de la vie privée de chacun. En conséquence,et selon la résolution du Conseil de l’Europe du 27 janvier 2021 intitulée « vaccins contre la covid-19: considérations éthiques, juridiques et pratiques »le texte précise au paragraphe 7.3 de « s’assurer que les citoyens et citoyennes sont informés que la vaccination n’est pas obligatoire et que personne ne subit de pressions politiques, sociales ou autres pour se faire vacciner, s’il ou elle ne souhaite pas le faire personnellement ». En conséquence de quoi, un employeur suivant cette préconisation ne peut inciter ses salariés à se faire vacciner en vue de travailler dans l’entreprise puisque ces derniers subiraient, de fait, une pression économique et sociale conséquente.

Le décret d’application de la loi du 5 août 2021, relative à la gestion de la crise sanitaire et à l’obligation de présentation d’un passe sanitaire pour certains salariés des secteurs en contact direct avec le public, réglemente les conditions d’accès à l’emploi pour les salariés du secteur culturel, notamment.

L’article 47-1 du décret précise les lieux et établissements visés par l’obligation de présentation du passe sanitaire pour y accéder, y figurent notamment les salle de spectacles de type L (art 47-1, II, 1°, a).

Le texte précise aussi les personnes visées par l’obligation de présentation du passe sanitaire dans les établissements susvisés. Ainsi, les documents « doivent être présentés pour l’accès des participants, visiteurs, spectateurs, clients ou passagers aux établissements, lieux, services et évènements suivant … ». Plus loin, l’article étend l’obligation de présentation du passe sanitaire à certains salariés en ces termes « Le présent article est applicable, à compter du 30 août 2021, aux salariés, agents publics, bénévoles et aux autres personnes qui interviennent dans les lieux, établissements, services ou événements concernés, lorsque leur activité se déroule dans les espaces et aux heures où ils sont accessibles au public, à l’exception des activités de livraison et sauf intervention d’urgence. »

En conséquence, les salariés soumis à l’obligation de présentation du passe doivent remplir les trois conditions cumulatives prévues par le décret, c’est à dire :

  • que l’activité se déroule dans le même espace que celui réservé au public ;
  • que l’activité se déroule dans le mêmes horaires que la présence du public ;
  • que l’activité ne soit pas une livraison ou une intervention d’urgence.

Ainsi, il faut que le salarié concerné soit en contact direct avec le public. Par conséquent, les salariés du secteur culturel ayant comme activité le montage, les répétions, le démontage et la régie des spectacles ou les activités administratives ne semblent pas concernés par l’obligation de présentation d’un passe sanitaire puisque le public n’est pas présent dans ces temps de travail. Aussi, pendant le spectacle, les coursives, les passerelles, les régies, ainsi que le plateau ne sont pas des lieux accessibles au public. Nous pouvons donc en conclure que même sur le temps d’un spectacle la grande majorité des techniciens et personnels administratifs ne sont pas soumis à cette réglementation.

Pour finir, l’article 1132-1 du Code du travail précise « qu’aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement ou de nomination ou de l’accès à un stage ou à une période de formation en entreprise, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire, directe ou indirecte… ». Aussi, le Code pénal prévoit que « La discrimination définie aux articles 225-1 à 225-1-2, commise à l’égard d’une personne physique ou morale, est punie de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende lorsqu’elle consiste : (…)2° A entraver l’exercice normal d’une activité économique quelconque ; 3° A refuser d’embaucher, à sanctionner ou à licencier une personne (…).

De fait, il semblerait que le fait d’écarter un salarié non soumis à l’obligation de présentation d’un passe sanitaire aurait les caractéristiques juridiques d’une discrimination à l’embauche pour des raisons de santé, de croyance ou de convictions politiques.

 Marseille, le 2 septembre 2021

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Arteum – Actes Sud – Mucem : un trio perdant pour les salarié·e·s !

Le Mucem a rouvert ses portes il y a un peu plus d’un mois. Le principal événement pour le public et la ­direction du musée c’est l’expo bling-bling de Koons.
Du côté du syndicat Sud Culture, c’est la transformation de la librairie du Mucem anciennement propriété d’Actes Sud (AS) en boutique-librairie passée aux mains d’Arteum qui a retenu notre attention même s’il y aurait beaucoup à dire sur la marchandisation de l’art et de la culture.
Cette vente a été précédée de plusieurs mois de conflits sociaux et le départ des deux tiers de l’ancienne équipe de la librairie du Mucem, conséquence de la façon dont ils·elles ont été traité·e·s par leur direction (Maupetit-Actes Sud) et de la dévalorisation de leur métier dû à la disparition de la librairie de fond au profit de la vente de gadgets et autres peluches…

Au final, Arteum a été obligé sous la pression du ­Mucem d’avoir plus de livres que prévu mais comme dans toute boutique de musée, les ouvrages sont présentés le plus souvent par pile et il n’y a guère de cohé­rence puisque c’est la centrale d’achats déconnectée des réalités du Mucem qui a décidé des commandes d’ouverture. Le homard de l’artiste Koons est décliné en crayons, carnets, peluche, tasse à café, coloriage, magnet, etc. On trouve aussi des assiettes à 750 euros et des reproductions en porcelaine qui coûtent la modeste somme de 14 000 euros !

Du côté de la librairie Maupetit comme dans la plupart des librairies, le chiffre d’affaires est bon voire très bon. À défaut d’embaucher, il y a une augmentation généralisée des salaires (la première depuis avril 2011) ; une prime d’intéressement et une prime « Macron » vont être versées à l’ensemble des sala­rié·e·s du groupe AS.

La séparation de la branche déficitaire que représentait la librairie du Mucem et la ruée post-confinement dans les librairies ont sans doute permis cela. Cependant il faut noter que cette même direction a refusé d’accéder à la plupart des demandes des salarié·e·s de la librairie du ­Mucem : rupture conventionnelle de contrat, reclassement.
AS ne faisant jamais rien gratuitement la direction espère sans doute qu’après ces gains, les salarié·e·s accepteront facilement l’élargissement des amplitudes horaires suite à l’ouverture cet automne des salles de ciné Artplex face à Maupetit : nocturnes et ouverture le dimanche sont certainement au programme.


Quant au Mucem, toujours présenté comme le plus grand musée national en dehors de Paris il est moins connu comme musée pilote en termes de ­privatisation.
Nettoyage, sécurité, nettoyage, visites guidées, médiation cultu­relle, vestiaire, animation espace enfant, billetterie, maintenance technique, jardin, restauration, librairie, etc. Il n’y a guère de domaines qui échappent aux appels d’offres et aux changements de prestataire. En dix ans tous les marchés ou presque ont au moins changé une fois. La règle première étant évidemment officiellement de gagner du fric. Ce n’est pas forcément mieux du côté des personnes rémunérées par le ­Mucem ou directement par le Ministère de la Culture. Si on trouve en grande majorité des fonctionnaires de catégorie A ou B, on trouve aussi des contractuel·le·s en CDI ou en CDD, des stagiaires, des personnes en contrat aidé et… des auto-entrepreneurs n’ayant que le Mucem comme donneur d’ordre ! Diviser pour mieux régner et économiser les coûts (quoi que…).

Chasse aux sorcières à Arteum et à Actes Sud

Il existe au moins un point commun entre les trois entités : c’est le côté chape de plomb. Leurs directions respectives ne supportent pas que des salarié·e·s ­s’expriment sur leurs conditions de travail que ce soit lors d’une réunion interne, dans la presse ou via des tracts syndicaux. Le silence est d’or pourrait être la devise d’Arteum et d’AS.
Ainsi la direction d’Arteum a envoyé des consignes à l’ensemble des responsables de ses boutiques pour qu’ils/elles parviennent à déterminer l’origine des informations qui ont permis à Sud Culture d’alerter sur les dangers qui couraient avec la reprise de la ­librairie du Mucem.
Quant à la direction d’AS, elle n’a pas supporté qu’apparaissent dans la presse ses magouilles foncières et financières financées par le prêt garanti par l’État. Ainsi la publication dans le journal L’Arlésienne de l’article « Quand Capitani s’apprête à s’engraisser sur le dos d’Actes Sud » s’est soldée récemment par le licenciement de deux salarié·e·s pour faute grave. Dans la dernière note envoyée aux trois cents salarié·e·s, le directoire du groupe AS se félicite de cette année historique et du résultat financier positif pour l’année 2020. Pas un mot en revanche sur les deux ­librairies qui ont été fermées ou revendues…

Même si c’est la fin de la section syndicale pour les librairies Maupetit-Mucem, Sud Culture 13 continuera de défendre les salarié·e·s qu’ils·elles travaillent dans des petites librairies indépendantes, dans des librairies appartenant à des groupes, dans des grandes surfaces culturelles, des boutiques de musée, etc.

Marseille, le 25 juin 2021

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Communiqué de départ des occupant·e·s de La Criée

Après trois mois d’occupation – une période riche et épuisante – dont un mois de blocage de la production, les occupant·e·s ont quitté début juin le théâtre mais la lutte continue…

Après trois mois d’occupation, nous larguons les amarres.
Il est venu pour nous le temps de poursuivre notre lutte hors les murs de la Criée.

Mercredi 9 juin dernier, nous avons quitté la place, après un ultime chantage de la part du directeur technique, arguant que si le théâtre ne rouvrait pas, les intermittent.e.s habitué.e.s à y travailler perdraient leur chômage. Celui-ci n’est pourtant pas sans savoir que le théâtre est tenu de payer ces dernier.e.s, empêché.e.s de travailler contre leur gré.
Car, depuis le 19 mai dernier, date de la réouverture nationale des lieux culturels, et suite à la prise du grand plateau le 1er mai, nous bloquions la programmation du théâtre de la Criée pour faire entendre l’urgence et la gravité de la futur réforme de l’assurance chômage. Ce n’était pas de gaieté de coeur, mais c’était le seul levier à notre disposition pour faire pression sur le gouvernement sans être suspendu au conseil d’État ou autres recours juridiques incertains.
Comme nous l’avions prévu, ce blocage nous a permis d’obtenir une visibilité médiatique jusqu’ici dérobée quant à nos revendications, et pour la première fois des articles de presse plus précis et consciencieux ont été écrits dans des journaux à grand tirage et jouissant d’une audience large.
Dès lors, la DRAC, la Mairie et la Direction du théâtre ont souhaité entamer des négociations avec nous pour « trouver des solutions » et surtout rouvrir au plus vite le théâtre. Il est important de préciser que l’Adjoint à la Culture de la Mairie nous a apporté son soutien dès les premières semaines d’occupation. A cette réunion, la représentante de la DRAC est venue pour nous présenter un plan de relance macronien pour « la jeunesse et la culture » dont la résultante ne fait qu’entretenir la précarité de celleux-ci et la concurrence qu’iels connaissent sur le marché du travail : une insultante proposition « un jeune, un emploi » et un dérisoire plan de relance courant de juin à octobre. Ce dernier, qui s’intitule « relançons l’été », opère encore une fois une sélection des compagnies dans le besoin par le dispositif ingrat d’un dossier à remplir, et délivre une subvention maximum de 15000 euros. Nous redisons qu’après deux années d’arrêt et plus de vingt années d’économies effectuées dans le secteur subventionné du spectacle vivant, c’est un plan de relance sur 5 ans minimum et se comptant en milliards dont nous avons besoin.

Dans un second temps nous avons émis la possibilité de lever l’occupation sous deux conditions :

  • Le relogement immédiat et digne des personnes sans toits qui occupent la Criée
  • L’obtention d’un lieu pérenne pour continuer nos activités d’éducation populaire et notre lutte.

A la première demande, la Mairie a répondu que le relogement était du ressort de l’Etat et a refusé de réquisitionner un bâtiment lui appartenant. Elle s’en est retournée vers le pouvoir de la Préfecture qui a, comme a son habitude, pratiqué la politique de l’autruche et n’a donné aucune nouvelle jusqu’à ce jour.
Les dernières semaines de l’occupation, les personnes sans toit, qui pour une grande part se trouvent être en exil en France, étaient majoritaires. Elles habitaient la Criée Occupée comme alternative à la rue, et occupaient ce théâtre dans une lutte pour leur dignité, tout aussi légitime que toutes les revendications portées depuis le premier jour de l’occupation. Que ce soit par l’équipe du théâtre, les représentant.e.s de la mairie ou celleux de l’État, une distinction a été faite entre les personnes en quête de toit, sorte d’occupant.e.s sans nom, et les autres occupant.e.s dit.e.s « de la première heure » qui avaient magiquement acquis une légitimité toute propre. Si nous reconnaissons que la pluralité des vécus, radicalement différents, a pu donner lieu a des situations répétées de conflit très tendu qui ont fini par rendre les derniers jours d’occupation durs à vivre, nous constatons surtout l’absence de structures de soin nécessaires dans Marseille, et l’absence de volonté des pouvoirs publics de répondre aux exigences de solutions dignes émises par les personnes concernées, attendant des occupant.e.s « propres » qu’iels fassent le sale boulot et mettent des personnes sans logement à la rue, comme le fait habituellement la police républicaine.
A la seconde demande, la Mairie a témoigné son attention, mais à ce jour aucune proposition concrète ne nous a été faite.
Si nous reconnaissons donc le soutien que nous a apporté pendant le temps de l’occupation Monsieur Coppola, adjoint à la Culture de la Mairie de Marseille, nous ne pouvons laisser dire que des propositions concrètes nous ont été données pour sortir « par le haut » de cette occupation. Nous avons été laissé dans l’expectative, dans un « peut-être » clairement insatisfaisant après trois mois d’une occupation qui nous a pris tout notre temps et notre énergie et nous a demandé beaucoup de patience.Au vu de la situation générale du pays, et des réponses répressives, hypocrites, dangereuses et fascisantes qu’ont choisi d’employer l’État et ses représentant.e.s, il nous est impossible d’accorder une confiance aveugle aux pouvoir publics, aussi bien intentionnés se présentent-ils à nous.
Nous avons donc pris acte de leur incompétence, de leur absence de volonté politique, ou d’une volonté politique adversaire à nos convictions – au choix, selon nos interlocuteurices – et avons trouvé des solutions par nous-mêmes.
Nous nous retrouverons dans des lieux amis – et il y en a une multitude – pour continuer nos réflexions et préparer nos actions.
Un lieu a été ouvert qui fait office d’habitation pour les personnes de la Criée Occupée qui étaient jusqu’ici sans toit. D’autres personnes dans le besoin d’un logement les ont depuis rejoint, dont de nombreuses personnes dites « mineurs non accompagnés ». Ce lieu est l’ancien Pôle Insertion, symbole de la précarité organisée institutionnellement, dont le bâtiment appartient au Département des Bouches du Rhône, qui bafoue quotidiennement la responsabilité qui est la sienne de loger les personnes mineures vivant sur son territoire.

Ainsi, fatigué.e.s de devoir tenir un lieu qui nous est hostile malgré la magie que nous avons su y insuffler, et constatant que le geste de blocage ne s’est pas répandu nationalement comme la poudre que nous espérions voir brûler, nous quittons les lieux pour reprendre des forces et lutter autrement. Et nous en profitons pour dresser un premier bilan, qui en appellera sûrement d’autres tant cette séquence fut riche et joyeuse de questionnements, de pensées, de rencontres et de remises en cause.

Nous avons pris possession d’une partie de ce gros bateau pendant 3 mois et y avons expérimenté une forme d’auto-gestion que nous considérons être une critique en acte du fonctionnement actuel des CDN, Scènes nationales et autres structures publiques labellisées par le Ministère de la Culture.
Nous y avons vécu, dormis, pensé, rêvé, crié, mangé de grands festins communs…
Nous y avons proposés des formes d’art et d’expression éphémères. Nous avons tenté de laisser la porte ouverte à des surprises qui n’adviennent jamais ou que trop rarement dans le cours normal d’une programmation théâtrale. Nous nous sommes réapproprié.e.s notre outil de travail. Nous y avons organisé des ateliers d’éducations populaires, et tenté de créer des ponts et des points de rencontre avec d’autres luttes :

  • Les fameuses et incontournables criées de la Criée
  • Atelier sur la refonte de l’hôpital public, en compagnie de soignant.e.s en lutte
  • Atelier sur l’histoire des politiques culturelles
  • Atelier « Intermittence et Capitalisme »
  • Atelier d’études du Cahier des Charges de CDN
  • Arpentage de la Loi Séparatisme
  • Rencontre avec les responsables des publics du Théâtre de la Criée
  • Atelier Rap et Open mic en tout genre
  • Atelier en mixité choisie (sans hommes cis)
  • Atelier sur les discriminations sexistes en mixité
  • Atelier mené par le Frac sur le statut des plasticien.nes
  • Atelier/rencontre avec la Horde (BNM)
  • Irrigation par la racine et ruissellement : comment
  • Atelier sur la situation Kurde
  • Atelier sur les 76 ans de la fin du fascisme en Italie et la libération par les bandes partisanes de l’emprise de Mussolini
  • Installation du plateau radio de Shabba Radio (Emission spéciale Occupation, Open Mic …)
  • Atelier Ré-appropriation de l’espace public par la lutte féministe en mixité choisie
  • Atelier D’Arpentage de textes
  • Atelier Graf en mixité choisie
  • Cantines Solidaires (AED / Coup de Pouce aux migrants …)
  • Atelier Passeport Vert
  • Lâché de Clown
  • Atelier d’Ecriture sur le thème « Vie d’Artiste »
  • Conférence Gesticulée sur les discriminations sexistes
  • Journée Queer (films, dj set et drag show)
  • Bal traditionnel
  • Projections
  • Rencontre autour de la ZAD de la colline
  • Réunion publique à propos du chantier de la Porte d’Aix

Nous n’avons pas fait de miracles, mais nous avons mis en œuvre ce que nous pouvions avec nos moyens. Et cette occupation nous a donné a voir des possibles réjouissants et lumineux sur ce que pourrait être un Théâtre nourri par une culture populaire et hétéroclite.
Nous avons éprouvé nos propres limites, dues aux fractures structurelles de cette société coloniale, capitaliste et patriarcale.
Le charge symbolique du lieu Théâtre, en tant que temple de la culture bourgeoise, ne nous a pas servis. Trop peu de gens s’y sentent invités et osent franchir la porte d’entrée. Par ailleurs, les artistes écopent politiquement d’une image de nantis. Image a la foi légitime et fausse. Nous voulons continuer le travail pour défaire le mythe et cultiver une auto-critique fertile.
Nous voulons continuer à nourrir une réflexion qui participe à notre mesure à la déconstruction de l’élitisme du milieu culturel, à la décolonisation de l’art et des structures publiques. Qui participe donc à la déconstruction de notre propre élitisme et à la décolonisation de nos propres actes et pensées.
L’occupation aura cependant ouvert ce lieu à quelques personnes qui n’y étaient jamais rentrées avant cette lutte. Des personnes qui ont habité le lieu et en ont pris soin comme jamais.
Nous avons vécu les conflits de classes qui opposent les occupant.es et les directions des théâtres.
Nous ne reviendrons que brièvement sur les déclarations mielleuses et outragés des directeurs et directrices qui depuis leur salaire à 7000 euros ont fait preuve d’un talent mélodramatique hors normes en publiant appel et manifeste à l’allure de crachats emplis de mépris de classe.Si iels avaient vraiment voulu nous soutenir, comme iels le déclaraient dans des articles de presse emprunts d’un humanisme pompeux et tout plein d’une hypocrisie dont seule la gauche caviar est capable, iels auraient refusé avec nous la réouverture des lieux tant que notre liste ambitieuse mais réaliste de revendications n’avait pas été écoutée. Au lieu de cela elles ont cherché à rouvrir à tout prix, dans des conditions absurdes qui vont démultiplier les inégalités déjà immenses structurant le secteur du spectacle vivant. Mais qu’a-t-on à faire des inégalités économiques lorsqu’on est contre-maître de l’État, qu’on a une carrière flamboyante à mener et une partie de chaises musicales à jouer ? On nous a jeté à la figure que nous faisions le jeu du Rassemblement National, que nos pratiques étaient fascistes, que nous servions la soupe aux poujadistes, que nous étions des casseur.euse.s. Nous n’avons manifestement pas la même appréhension des faits historiques. Mais nous savons de quel côté de la barricade nous nous situons, et ces trois mois de lutte en sont la preuve. On nous a également accusé d’« empêcher l’Art », comme si l’idée monumentale que ces directions se font de l’art était la seule valable et que tout ce qui se joue en dehors des lieux dont iels ont la responsabilité n’était que sous-culture ou contre-façon.
Nous parlons évidemment en premier lieu de Mrs/Mmes Dorny, Mayet-Holtz, Braunschweig, Makeïeff et Mouawad. Mais il n’y a pas qu’elleux, et il y aura un bilan à dresser quant aux stratégies employées par des directions moins médiatisées et à l’allure sympathique qui ont su néanmoins manoeuvrer avec tact pour pouvoir rouvrir leurs lieux sans avoir l’air de mettre à la porte une lutte qu’elles ont bien voulu soutenir tant que cette dernière servait leurs intérêts et n’empêchait pas le petit train de l’économie culturelle de reprendre comme avant, mais en pire.

Nous avons constaté que les occupations de théâtres ne sont pas un mouvement de masse. En plus de la charge symbolique que nous avons déjà mentionnée, nous mettons ça sur le compte d’une crise sanitaire et de deux confinements psychiquement éprouvants, ainsi que sur une répression d’État de plus en plus accrue, et qui a déjà marqué dans leur chair nombre de groupes et d’individus ces dernières années.Mais nous restons cependant convaincu.e.s que les mauvais jours finiront.


Plus que jamais, nos regards sont tournés vers le 1er juillet, date d’application de la réforme d’assurance chômage, et vers le conseil d’Etat récemment saisi par le caractère inégalitaire de cette loi.
Nous savons que ce combat est loin d’être fini, et nous avons peut-être quitté la Criée mais nous ne nous arrêterons pas de lutter.

Nous gardons précieusement en mémoire l’Assemblée Générale du 1er mai dans la Grande Salle de la Criée. Un moment chaotique qui nous a donné une grande foi dans nos capacités d’actions.
Le hall, la mezzanine et le grand plateau vont résonner encore longtemps de nos rires et de nos engueulades.


Nous observons une politique d’Etat répressive, fascisante, raciste, cherchant a noyer les personnes les plus précaires afin de protéger des grandes fortunes qui se sont incroyablement enrichies à la faveur de la crise sanitaire. Nous appelons donc dans les prochains mois, dans les prochaines années, à nous retrouver dans la rue, dans les lieux occupés, dans les squats, dans les montagnes, les villes, les plaines et sur les côtes, partout où nous nous donneront, où nous nous donnons déjà la possibilité d’expérimenter d’autres rapports au monde que celui que tente de nous imposer cette société mortifère, partout où nous nous donnons déjà la possibilité de nouer des liens qui lui résistent et tentent de la renverser.

Nous apportons tout notre soutien et toute notre force à toutes les personnes qui continuent d’occuper des lieux : merci pour votre endurance et votre persévérance.


Marchons (pas comme Macron), occupons, crions !


Les occupant.e.s de La Criée, maintenant en vadrouille

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22 mai : nouvelle journée contre la réforme de l’assurance chômage

Petite mobilisation à Marseille pour cette journée nationale de mobilisation. Environ 150 personnes ont manifestées du Frac jusqu’au Vieux Port en passant par le Mucem. Ci-dessous le tract de Sud Culture.

Après plus de deux mois d’occupation des lieux culturels, la ministre du travail vient d’annoncer des premières mesures en faveur du secteur culturel :

  • 4 mois supplémentaires de prolongation de l’année blanche jusqu’au 31 décembre pour les intermittent·e·s du spectacle et de l’audiovisuel ;
  • 30 millions d’aide ;
  • abaissement du seuil d’accès au régime de l’intermittence des 507h à 338h pour les primo entrant·e·s de moins de 30 ans

Si la mobilisation a permis d’arracher quelques avancées, ces mesures sont largement insuffisantes. Concernant le secteur culturel SUD Culture Solidaires continue à demander :

  • Un vrai plan de relance pour financer toutes les formes de travail (créations, répétitions, …) toutes disciplines confondues (spectacle vivant, audio-visuel, arts plastiques…) en concertation avec les salarié·e·s de la culture, et pour ce faire les 30 millions ne suffiront pas.
  • que soient pris en compte également les plus de 30 ans qui ont connu des accidents de parcours dans leur carrière professionnelle pour l’accès au régime de l’intermittence.
  • L’indemnisation de tou·tes les chômeurs·es et de tous les intermittent·es de l’emploi jusqu’à la reprise totale des activités augmentée d’une année sur la base d’un SMIC minimum ou du dernier salaire avec maintien des droits sociaux (maladie, retraite, maternité, prévoyance, formation)

Nous rappelons également que l’une de nos revendications principales est l’abandon pure et simple de la réforme de casse de l’assurance chômage.

LA MINISTRE NOUS DIT : « L’État a fait sa part, rentrez chez vous »
ON LUI REPOND : « Pas de réouverture sans droits sociaux ! ».

Enfin, nous ne sommes pas dupes de la stratégie du gouvernement. Ce qu’il cède vise aussi à diviser le mouvement de lutte en n’apportant que des réponses incomplètes aux seul.es travailleuses et travailleurs
du secteur du spectacle vivant et de l’audiovisuel tout en espérant qu’ils et elles s’en contenteront.
Globalement le gouvernement n’a rien lâché pour les 2 millions de travailleur-est à emploi discontinu (saisonnier·ères, intérimaires, femmes de ménage, guides, livreurs…), des précaires et des intermittent·e·s de l’emploi. Il n’apporte aucune réponse pour les chômeurs-es, les jeunes de moins de 25 ans, les plasticien.ne.s, les autrices et auteurs, les étudiant·es ,etc. En pleine crise sanitaire, économique et sociale, le gouvernement continue sa politique antisociale et fait le choix de laisser des millions de personnes à
l’abandon en les promettant à la très grande pauvreté.

Déjà plusieurs théâtres occupés ont été évacués par la force. A Toulouse, Bordeaux, Rennes etc. ce n’est que le début de la répression de notre mouvement de lutte.

Parce que cette situation est intolérable, SUD Culture appelle à maintenir les occupations et à renforcer partout la mobilisation jusqu’à satisfaction de nos revendications !

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Quand le Mucem fait dans le bling-bling et le fric

Les occupant·e·s du Frac ont organisé le mercredi 5 mai une action surprise pour dénoncer l’exposition Jeff Koons au Mucem alors que la presse était convié à la découvrir en avant-première. Ci-dessous le tract qu’ils/elles ont diffusé à cette occasion.

Pour suivre l’actualité des occupations à Marseille :
Frac La CriéeLe Merlan/Zef


« KOONS MUCEM WTF ?

À 800 mètres du Mucem, le Frac Paca est occupé par des artistes, des étudiantEs et des travailleurEuses de l’art qui luttent pour leurs droits.

Alors que la pandémie aggrave les conditions des plus précaires au profit des plus fortunés : M. Pinault, 3e fortune de France avec 42 milliards de dollars, s’invite, avec Jeff Koons, artiste vivant le plus cher au monde avec la vente record de 91 millions de dollars, au Mucem

Si, comme l’a dit François Pinault, « avec l’art, l’émotion est vitale», NOUS SOMMES EN COLÈRE !

M. Pinault, « amateur d’art » pense que « la passion pour l’art, comme pour les croyants, est très religieuse »… Et ce en quoi il croit, c’est que « l’art est bon pour le business »…

L’art est certainement bon pour son business… Surtout depuis 1998, quand Pinault achète Christie’s, deuxième maison de ventes d’art aux enchères à travers laquelle il vend les œuvres qu’il collectionne…

L’art est certainement bon pour son business… Surtout depuis 2003, avec la loi Aillagon sur le mécénat. Elle prévoit que lors d’un investissement dans la culture, l’Etat réduit l’impôt à hauteur de 60% du don – Jean-Jacques Aillagon, ancien Ministre de la Culture sous Chirac ayant proposé cette loi, est aujourd’hui conseiller de la Pinault Collection…

François Pinault est bel et bien « le parrain de l’art contemporain. » C’est une partie de sa collection, qui s’expose aujourd’hui à Marseille.

JEFF KOONS AU MUCEM. Un artiste américain dans le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée.

Selon le Mucem, Jeff Koons serait « un passeur, l’un de ces grands artistes qui donnent sens aux sociétés qu’ils observent »… Mais de quel passage et de quelle société parlons-nous ?

L’ancienne librairie du Mucem devient un magasin de « marchandising culturel »…

L’institution publique expose, légitime et fait grimper la côte des collections privées… François Pinault ouvre la Pinault Collection dans l’ancien Palais de la Bourse à Paris, avec le soutien financier de l’Etat.

L’Etat est complice de la marchandisation de l’art et de la culture, de la même manière qu’avec la santé et l’enseignement supérieur.

La société dont ces personnes sont les passeurEuses c’est
Celle des intérêts individuels et privés…
Celle du privé qui avale le public…
Celle du « in dollart we trust »…

Nous voulons François Pinault, Jeff Koons, et tout ce qu’ils représentent, hors de nos « imaginaires collectifs » !

Hors de nos imaginaires et rendez l’argent !

Les occupants.es du Frac Paca
http://frac-paca.occupations.zonemail

Pour info : 72 millions d’euros, vente aux enchères la plus chère de Koons, équivaut à 4933 années de Smic. La somme de 35 milliards d’euros, fortune de Pinault, équivaut à 2,7 millions d’années de Smic. Populaire ? »

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Manifeste de La Criée occupée

À la suite de la manif du 1er Mai à Marseille entre 400 et 500 personnes se sont retrouvées à La Criée pour occuper la grande scène de ce théâtre et faire une gigantesque AG ! Les occupant·e·s en ont profiter pour lire le manifeste que nous reproduisons ci-dessous.

Pour suivre l’actualité des occupations à Marseille :
La CriéeLe Merlan/ZefFrac

« S’emparer d’un espace. Ouvrir des portes verrouillées. Y entrer. Ouvrir les fenêtres. Faire entrer de l’air, des corps, des voix. Ne surtout pas refermer les portes derrière nous. Puis tenter ensemble de définir ce « nous ».

Ou justement pas.

Peut-être que c’est justement ça qui est nécessaire. Qui est humble même. Que ce « nous » soit dense et pluriel. Que pour une fois, on ne soit pas catégorisé-e-s et sectorisé-e-s. Qu’on refuse de ne plus se croiser, de ne plus se retrouver, de ne plus échanger. Qu’en entrant dans cette salle, on se dise qu’on en fait un lieu de lutte. Un lieu des luttes. On a crié, on crie et on va continuer à crier. On veut et on va le faire ensemble. Le faire fort. Tellement plus fort qu’avant. Parce qu’on en a besoin. Parce qu’on est loin d’être essouflé-e-s et loin d’être satisfait-e-s. Ce n’est pas qu’une nécessité, c’est une urgence.

S’approprier cet espace est impératif. Donc, on le prend. Pour tellement de raisons.

Déjà, pour expérimenter. Ce système qu’on nous impose ne nous convient pas. Sur ce point, on est tous-tes d’accord ? Oui ? On espère aussi tous-tes s’entendre sur notre désir d’essayer un fonctionnement différent et qui nous ressemble. Parce qu’on est convaincu-e-s qu’autrement, ça serait sûrement mieux. Mais il faut qu’on éprouve nos idées, qu’on fasse des tentatives, qu’on déconstruise. Sauf que jusqu’ici, on ne nous a jamais laissé de place pour le faire. Même un petit. Alors, cet espace on le prend par nous-même. En plus, il est grand cet espace donc on aura la place de faire toutes les tentatives qui nous animent. Nombreuses sont les réflexions entamées ici, depuis un mois et trois semaines. Dans ces murs ont pu résonner des idées anti-capitalistes, anti- transphobes, anti-sexistes, anti-racistes, anti-militaristes, anti-répressions, anti-validistes, anti- élitistes, anti-surveillance, anti- violence, anti-discriminations, … L’énumération est longue et s’allongera. Elle est ouverte : proposez ! On ne parle pas d’une utopie naïve. On rejette plutôt un héritage dystopique. C’est du concret. Ce sont nos luttes. Ce sont nos endroits de résistances politiques. Elles sont nombreuses et légitimes. Faisons-les se rencontrer et utilisons ces espaces occupés pour les mettre en pratique.

Pour élargir ce qu’on revendique. Cessons de dire qu’on en demande trop. On n’a pas à se justifier de notre soif de contestations. Rejetons l’argument frileux qui dit de se focaliser sur une seule problématique pour s’assurer qu’on obtiendra au moins un contentement. Ça ne nous désaltérera pas. L’abrogation de la réforme de l’assurance chômage est une priorité. Cependant, cette réforme est le témoignage concret de la mise en place d’une violence d’état et d’une politique d’austérité plus large. On bouillonne et c’est tellement normal. Il n’y a plus de tolérance possible. Impossible de les laisser appuyer sur la tête de ceux-celles qui se noient.

Pour se rendre visible. Cessons d’occuper de façon marginale et discrète un hall à la Criée ou une salle multimédia au FRAC PACA. On nous cantonne à des espaces qui ne dérangent pas ou peu.

Comment accepter d’être dans la périphérie d’une économie institutionnelle et culturelle qui continue de tourner ? On ne veut plus être considéré-e-s comme des passant-e-s, comme de la concession temporaire et négociable, comme des visiteur-euse-s. Notre désir de lutte n’est pas éphémère. On ne veut plus être dans ce rapport de force. Inversons-le. On prend puis on discute. On ne discute pas pour espérer prendre. On confisque. On fait du bruit. On tape sur les casseroles. On pousse une gueulante.

Pour lancer un ultimatum. Ce « nous » doit s’élargir. Cette prise d’espace est aussi l’occasion de mettre sur la table une injonction : directeur-rice-s, il est temps de vous positionner. Ne signez pas une tribune dans les journaux appuyant nos revendications pour aller dans le sens de l’opinion publique et pour vous protéger médiatiquement. Ce n’est pas concret. C’est édulcoré et bien pensant. Vous êtes d’accord avec nos revendications ? Dans ce cas là, ne vous les appropriez pas dans le discours : sortez de vos bureaux ! Faites corps.

Pour se réapproprier des outils. Prendre la main sur ce moyen de production. Pour tenter d’en faire autre chose qu’un temple de la culture excluant. On pense qu’ici peuvent résonner plusieurs récits, peuvent se rencontrer plusieurs imaginaires, peuvent s’associer des groupes et des personnes que l’organisation actuelle de la société fait tout pour séparer. Re-démocratiser le théâtre uniquement fréquenté par une vieille élite bourgeoise blanche. On veut ouvrir des espaces d’éducations populaires. Créer un espace de rencontres, de frictions et d’élaborations communes. Se sentir légitimes d’entrer ici. D’y faire des agoras. D’y créer, d’y inventer, d’y débattre. On est fatigué-e-s d’être divisé-e-s. Fatigué-e-s de l’injonction à confondre distanciation physique et distanciation sociale. On va faire de cet espace un outil accessible pour sortir de nos microcosmes. On a absolument besoin de se rencontrer.

Aujourd’hui, maintenant, on prend ce théâtre. Ou plutôt, on le récupère. Parce qu’en soit il est à nous. Et maintenant qu’on est dedans, on peut vous assurer qu’il n’y aura pas de réouverture des lieux de culture sans droits sociaux. On prend. Donc, on décide. »

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Retour sur la mobilisation du 23 avril 2021

Outre un montage vidéo sur la manif à Marseille vous trouverez ci-dessous le communiqué national du syndicat Sud Culture

Une mobilisation réussie qui en appelle d’autres !

Nous étions plusieurs dizaines de milliers à défiler vendredi 23 avril 2021, dans toute la France contre la précarité, la réforme de l’Assurance Chômage et pour la conquête de nouveaux droits sociaux. Une belle démonstration de force en prévision d’un Premier Mai de Combat

Plusieurs dizaines de milliers dans la rue
Malgré la pandémie et la déprime d’un temps suspendu aux dénégations sans fin du gouvernement, l’appel porté nationalement par les lieux culturels occupés, Solidaires, la CGT, Sud Culture a été entendu dans de très nombreuses villes. De Paris à Pau, de Rennes à Marseille, des collectifs de Sans-Papiers aux occupant·es des lieux de la culture, des hospitalier·ères aux collectifs de luttes, des retraité·es aux étudiant.es, toutes et tous se sont retrouvé·es dans la rue pour construire une mobilisation à l’ambiance
festive et déterminée.

et la semaine prochaine on continue

La réussite de cette première grande journée unitaire de manifestation
contre la précarité doit servir de point d’appui pour un Premier Mai massif et offensif. Sud Culture appelle à poursuivre et amplifier la mobilisation le Premier Mai et au-delà.

Contre la crise sanitaire et économique, propageons les luttes !